Pas de navire à grande vitesse dans le sanctuaire Pelagos !
Un navire à grande vitesse (NGV) s’apprête à relier Bastia à 3 grands ports italiens. Lancé à plus de 30 noeuds (55km/h), il traversera le territoire des baleines, officiellement protégé par le sanctuaire Pelagos, menaçant de mort chaque cétacé qui se trouvera sur sa route.
Pour quoi ? Pour gagner 1h30, une dérisoire heure de trajet !… chacun de ceux qui emprunteront cette ligne doivent avoir conscience des inévitables collisions mortelles qui se produiront à une telle vitesse.
Tribune de François Sarano
Président de Longitude 181
La tête du cachalot LE COUTURE porte la profonde cicatrice laissée par une probable collision avec un bateau
© MxHpics-Longitude181
Où ? dans un sanctuaire… dédié à la protection des cétacés !
En 1982, le moratoire sur la chasse aux grands cétacés sauvait de l’extinction les baleines et les cachalots. Hormis quelques baleiniers japonais hors la loi, les chasseurs des autres nations rangeaient leurs harpons… On pensait les grands cétacés sauvés … Il n’en est rien, le grand massacre reprend de plus belle et c’est nous qui l’organisons !
Cela ne se passe pas dans les mers lointaines. Mais, ici chez nous, en Méditerranée, au cœur du Sanctuaire Pelagos qui, ironiquement, est consacré à la protection des grands cétacés, baleines et cachalots… et qui n’est même pas consulté !
Cachalot mort, probable victime d’une collision, observé par Roland Jourdain le 10 juillet 2026 en Méditerranée, la veille de la mission WhaleWay 7
© Explore
Qui ? Les passagers du navire à grande vitesse Cors’Express
Et qui sont donc les tueurs sans scrupules qui osent venir massacrer ces cétacés, reconnus en danger d’extinction par la communauté scientifique de l’Union pour la Conservation de la Nature, et placés pour cela sous protection de la France, de l’Italie et de Monaco, pays signataires de l’Accord Pelagos ?
Mais, c’est chacun de nous, bien sûr ! Chacun des passagers qui, pour gagner une heure et demie sur la traversée de Bastia vers Gênes, Livourne ou Civitavecchia, empruntera le navire à grande vitesse « Christine L » de l’armateur bastiais Cors’Express. Ce navire traversera à plus de 30 nœuds (55km/h) le domaine des baleines, menaçant de mort chaque cétacé qui sera sur sa route.
La nageoire caudale de ce cachalot a été déchiquettée par une hélice.
© Anne Settimelli
Comment ? A grande vitesse, les collisions sont inévitables et mortelles
Aujourd’hui, en Méditerranée, les blessures par hélices et les collisions avec les navires sont la première cause de mortalité identifiée des grands cétacés. Tous ne succombent pas, mais très nombreux sont ceux qui sont mutilés par les hélices : 15 % des cachalots, que notre association Longitude 181 observe au cours de ses expéditions scientifiques, présentent de très profondes cicatrices.
Toutes les études, en Méditerranée comme ailleurs dans le monde, montrent qu’au-delà de 10 nœuds, les cétacés (et les capitaines des navires) ont beaucoup de mal à éviter les collisions et le hachoir des hélices. La gravité des blessures augmente brutalement lorsque la vitesse passe de 10 à 14 nœuds. Au-delà de 15 nœuds, les collisions sont mortelles dans 80% des cas (Laist et al. 2001).
Le dos du cachalot LUCIEN a été tranché par une hélice de bateau
© S. Granzotto-Longitude181
Pour gagner une petite heure, ce sont les baleines qu’on assassine…
Pour gagner une heure, une petite heure dérisoire, nous, qui dénonçons les harpons des chasseurs, n’hésitons pas à prendre le risque d’éperonner des cachalots, à sacrifier sans scrupule la vie de nos cousins cétacés.
Chaque passager qui empruntera la ligne à grande vitesse Corse-continent doit être conscient qu’il sera responsable de la mort de dizaines de cétacés… Peut-être pas au cours de SON voyage, mais, en légitimant l’activité de ces traversées à grand vitesse, il sera responsable de toutes les collisions qui auront lieu inévitablement sur ces liaisons qui traversent le pays des baleines.
La grande vitesse en bateau est une absurdité. Dans le Sanctuaire Pelagos, elle est inacceptable.
C’est la responsabilité de chacun de refuser d’embarquer sur ces bateaux tueurs de baleines !
Saut du cachalot CABOTIN, rencontré le 5 octobre 2025, pendant la mission WhaleWay 4 de Longitude181-CIAN
© Sarano / Longitude181
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