Pourquoi la Méditerranée est-elle un endroit exceptionnel pour étudier les cachalots ?
La Méditerranée est un endroit exceptionnel parce que l’on peut y étudier la vie ordinaire des cachalots mâles adultes ! Ce qui est extrêmement difficile partout ailleurs.
Quelles sont leurs relations sociales ? Quelles sont leurs affinités ? Pourquoi restent-ils ensemble ? telles sont les questions auxquelles nous tenterons de répondre.
Étudier la vie ordinaire des grands mâles
En Méditerranée, on peut étudier la vie ordinaire de cachalots mâles adultes ! En effet, ces derniers quittent le clan familial à la fin de l’adolescence pour ne plus jamais y revenir. Ces cachalots mâles vivent le plus clair de leur temps dans les eaux subpolaires : des régions immenses, difficiles d’accès et tempétueuses. Aussi, les recherches se concentrent-elles sur les clans de femelles et de juvéniles qui séjournent dans les eaux tropicales et tempérées. Notre travail avec les cachalots du clan de Irène Gueule Tordue, dans les eaux de l’île Maurice, en est un bon exemple.
Bien sûr nous avons très souvent rencontré des grands mâles qui visitaient le clan de Irène. Nous avons même réalisé les cartes d’identité d’une quarantaine d’entre eux. Mais ils étaient là pour se reproduire et transmettre leur expérience aux plus jeunes. Ce qui, bien que très important, n’est pas leur vie ordinaire dans les eaux subantarctiques qui baignent Kerguelen et Crozet. Justine Girardet a démontré, grâce à l’analyse génétique, cette relation entre les grands mâles que l’on voit à Kerguelen et le clan de Irène : un cachalot mort en 2007 à Kerguelen, Ker2007, s’est révélé être le grand-père de Irène et l’arrière-grand-père de Arthur, Lana, Yulia.
Des personnalités qui s’accordent
Mais de la vie sociale de ces grands mâles, que l’on dit chasseurs solitaires en quête de calmars géants et de légines, on ne sait rien. En Méditerranée, les mâles qui ont quitté les clans familiaux restent… en Méditerranée ! Ils sont plus aisément accessibles. Une opportunité unique au monde, que nous avons su saisir et sur laquelle nous concentrons nos recherches : groupes sociaux de grands mâles, chasses collectives concertées, et bien sûr, paires de mâles.
Pourquoi deux mâles, sans liens de parenté, qui, bien évidemment, ne restent pas ensemble pour se reproduire, restent-ils ensemble et pas avec d’autres qu’ils croisent régulièrement ? Si les cachalots étaient des clones tous semblables, les paires ne seraient pas stables, puisqu’il leur serait indifférent d’être avec l’un ou l’autre. L’hypothèse qui vient à l’esprit est que leurs personnalités s’accordent ! Nous avons déjà travaillé la question de la singularité de chaque individu, en démontrant l’extraordinaire personnalité de Eliot, si différent de son demi-frère Tache-Blanche, avec qui il était pourtant en permanence. De même, en étudiant les dyades de femelles adultes. Mais jamais personne n’avait imaginé que les grands mâles adultes pouvaient entretenir des affinités stables.
La personnalité : une notion centrale pour les Droits du Vivant
La question de la personnalité est une question essentielle lorsque l‘on parle de « Droit des vivants », vivants que notre système juridique actuel considère comme des objets interchangeables, des clones sans identité… L’étude sociale des mâles, nous apportera des arguments pour protéger, non seulement l’espèce cachalot, mais chacun d’entre eux en tant qu’individu singulier.
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