Assemblée Générale 2026 : une année charnière pour Longitude 181

par | 30 Mar 2026 | News

Une année charnière, un collectif vivant, des engagements qui s’affirment

L’assemblée générale 2026 de Longitude 181 a été l’occasion de revenir sur une année 2025 particulièrement dense, mais aussi d’ouvrir des perspectives claires pour 2026. Au fil des prises de parole, un même fil rouge s’est dessiné : la force du collectif, la solidité des engagements, et la volonté de continuer à faire avancer, avec exigence et constance, la protection du vivant marin.

AG de Longitude 181 le 29 mai 2026 - Un collectif qui tient par le lien humain

Un collectif qui tient par le lien humain

En ouverture, François Sarano, président de Longitude 181, a tenu à adresser un message simple et fort à l’ensemble des bénévoles et des membres de l’association. Il a rappelé qu’avec Véronique Sarano, il n’aurait jamais imaginé, il y a vingt-cinq ans, voir Longitude 181 durer aussi longtemps et porter si loin ses convictions.

Revenant d’une conférence à Genève, il a partagé sa joie de constater que Longitude 181 est aujourd’hui reconnue bien au-delà de son cercle proche, pour la générosité des idées qu’elle défend. Son intervention a aussi rappelé un point essentiel : la vitalité de l’association repose autant sur l’engagement de chacune et chacun que sur la qualité du lien qui unit celles et ceux qui la font vivre.

Nous n’avons pas souvent l’occasion de nous dire merci, alors MERCI !

Ce mot de gratitude a donné le ton de l’assemblée : une association ancrée dans l’action, mais attentive à ce qui la rend possible au quotidien — la confiance, la cohésion, et le plaisir de faire ensemble.

Bénévoles, membres actifs : des engagements complémentaires

Daniel Krupka, vice-président de Longitude 181, est revenu sur ce que l’association est concrètement devenue au fil des années. Il a rappelé avec clarté combien Longitude 181 repose sur des formes d’engagement complémentaires : des bénévoles mobilisés ponctuellement sur des actions précises, et des membres actifs investis dans la durée, au service de missions bien identifiées.

Il a souligné une étape importante dans la vie de l’association : pour la première fois, à la fin de l’année 2025, l’ensemble des grandes missions de l’organisation est couvert. Une avancée qui témoigne à la fois de la maturité de Longitude 181 et de la solidité de son fonctionnement collectif. Il a salué l’engagement de celles et ceux qui mettent leurs compétences, leur autonomie et leur disponibilité au service du projet commun, permettant à l’association de poursuivre son action avec cohérence et élan.

Daniel Krupka, vice-président de Longitude 181 à AG de Longitude 181 le 29 mai 2026

Programme Requins : une année 2025 riche en actions

AG de Longitude 181 le 29 mai 2026 - Olivia Auger

Hélène Astric et Olivia Auger sont revenues sur une année 2025 particulièrement riche pour le programme Requins, marquée par de nombreuses actions de sensibilisation, de mobilisation et de plaidoyer. L’année a commencé par une action à la Cité des Sciences de La Villette-Paris, ensuite à l’UNOC à Nice avec la participation à la finale du procès simulé en partenariat avec Wild Legal autour du sujet de l’abattage des requins à La Réunion, ainsi que la mobilisation lors de la Marche Bleue pour l’Océan toujours à Nice.

Elles ont également souligné l’arrivée d’Emir Berkane comme co-responsable du programme requins, une évolution qui s’est imposée naturellement au regard de son engagement avec la Fondation Probiom depuis 10 ans et du lancement de la réalisation en partenariat avec la Fondation Probiom du Dispositif National de Sensibilisation “Comprendre le requin” dont il est l’initiateur et le réalisaeur avec Hamza Mendil.

AG de Longitude 181 le 29 mai 2026 - Hélène Astric

Un nouvel élan avec Probiom

Autre temps fort : les expéditions aux Açores et en Mer rouge pour que Hamza Mendil et Emir Berkane rapportent les premières images nécessaires à la réalisation du kit pédagogique Dispositif National de Sensibilisation “Comprendre le requin”. Ce kit pédagogique a été présenté au Salon de la plongée en janvier 2026 sur le stand de Longitude 181.

Hamza Mendil avec la requin Emma Bahamas février 2025 © Francois Sarano
La requin Daizy Bahamas février 2025 © Francois Sarano

Le kit pédagogique, réalisé par Probiom et les équipes de Hamza Mendil, comprendra un film, plusieurs capsules vidéo et un module en réalité virtuelle, avec un objectif clair : faire évoluer le regard porté sur les requins, mieux faire connaître leur présence essentielle dans l’écosystème marin et déconstruire les idées reçues. L’ensemble sera accessible gratuitement, accompagné de fiches pédagogiques, afin de permettre à de nombreux publics de s’en emparer. Un format inédit !

François Sarano a rappelé que ce partenariat avec Probiom s’inscrit dans une coopération franco-algérienne ancienne, enracinée dans un travail de terrain mené depuis dix ans autour des requins. Il a aussi souligné combien ce dispositif pédagogique, ambitieux et techniquement exigeant, a été pensé pour rendre la sensibilisation simple, accessible et utile à tous les publics. Pour Longitude 181, ce partenariat arrive à un moment clé : il redonne une force nouvelle au programme Requins et ouvre de très belles perspectives pour 2026.

Olivia Auger à l'AG de Longitude 181 le 29 mai 2026
AG de Longitude 181 le 29 mai 2026 - Jean-Christophe Milliat
AG de Longitude 181 le 29 mai 2026 - Sylvie Husson
Un collectif qui tient par le lien humain - AG de Longitude 181 le 29 mai 2026

Voil’Océan : la force des sciences participatives

Jean-Christophe Milliat, secrétaire général, est revenu sur l’année 2025 de Voil’Océan, un programme centré sur les sciences participatives et la collecte de données utiles et complémentaires au programme Whaleway.

Il a d’abord eu un mot émouvant pour Antoine, skipper des missions de sciences participatives depuis deux ans, disparu cette année, et dont l’engagement a profondément marqué l’équipe.

Jean-Christophe Milliat - AG de Longitude 181 le 29 mai 2026

Il a ensuite salué l’investissement de celles et ceux qui font vivre le programme, notamment Hélène Astric et Céline Roulet, dont le travail, souvent discret, est pourtant essentiel à son bon déroulement. Il a aussi tenu à remercier tout particulièrement Marie Larivière, présente depuis le début de l’aventure, cétologue du programme et figure indispensable des missions. Présente sur les quatre semaines, elle organise les observations, prépare les cartes de travail et accompagne au plus près les éco-volontaires, avec une exigence et une attention précieuses pour l’ensemble de l’équipe.

En 2025, quatre semaines de mission ont été menées malgré des conditions météo parfois très difficiles. Elles ont néanmoins permis de confirmer la solidité des méthodes mises en place pour repérer, identifier, et suivre les cachalots, tout en recueillant des données précieuses sur d’autres espèces. Jean-Christophe a aussi souligné l’intérêt de ces missions pour la formation de nouveaux co-skippers et des étudiants acousticiens, en lien avec les chercheurs partenaires de l’université de Toulon / CIAN sous la houlette du Pr Hervé Glotin.

Un programme exigeant, collectif et concret, qui donne tout son sens à la rencontre entre engagement bénévole et recherche scientifique.

AG de Longitude 181 le 29 mai 2026 - Hélène
Le 29 mai 2026 AG de Longitude 181

Droits de l’océan : 2025, une année charnière

Daniel Krupka a présenté 2025 comme une année charnière pour le travail mené autour des droits de l’océan. Il a inscrit cette dynamique dans le prolongement des Rencontres pour le vivant et l’océan (RVO) organisées en 2024, qui ont permis de faire émerger un plan d’action structurant pour l’année suivante.

Parmi les temps forts de cette montée en puissance, il a cité le procès simulé, à la fois formateur, fédérateur et précieux pour préciser les axes de travail de l’association. Il a aussi souligné ce que cette séquence avait permis en termes de rencontres, notamment avec de jeunes juristes très engagés sur ces questions. Au-delà de cette dynamique, plusieurs études ont également permis de mieux cerner ce qu’il est possible de faire, ce qui ne l’est pas, et dans quel ordre engager les actions. Un travail de clarification essentiel, qui permet aujourd’hui de repartir avec des bases plus solides.

Daniel Krupka a présenté 2025 comme une année charnière pour le travail mené autour des droits de l’océan

Une action à plusieurs échelles

Son intervention a ensuite mis en avant une action menée à plusieurs niveaux. Au plan local, Longitude 181 défend une meilleure protection des espaces maritimes relevant de la souveraineté nationale. À l’échelle européenne, l’association agit au sein d’une coalition citoyenne mobilisée sur les aires marines protégées et la réduction de la pêche au chalut. Au niveau mondial, Daniel Krupka a insisté sur l’inscription de Longitude 181 dans une dynamique internationale autour des droits de l’océan, aux côtés d’ONG et de jeunes organisations engagées tel que Ocean Vision Legal.

Il est aussi revenu sur le travail engagé autour de la vitesse des navires, en lien direct avec la pollution sonore sous-marine. Comme l’avait rappelé François Sarano, les éléments scientifiques sont désormais là, renforcés par les études menées avec les étudiants et par plusieurs collaborations prometteuses. Daniel a précisé qu’un plaidoyer devait être déposé cette année auprès du préfet, dans le prolongement de l’UNOC et des travaux conduits par les juristes de l’association.

Soutiens, vigilance et travail de fond

Daniel Krupka a également évoqué d’autres soutiens portés par Longitude 181 au fil de l’année, au-delà du strict champ littoral : le soutien apporté au Conservatoire du littoral lorsqu’a été évoquée la possibilité de fermer l’établissement, l’appui donné à des parcs marins, ou encore l’engagement aux côtés de collectifs mobilisés contre certains projets jugés préoccupants, notamment autour de l’élevage de saumons.

Rester lucides sur les négociations internationales

Son propos s’est fait plus critique lorsqu’il est revenu sur l’UNOC et les négociations internationales. Selon lui, les arbitrages décisifs se jouent moins dans l’espace politique visible que dans les circuits diplomatiques, où les propositions portées par les ONG, y compris les plus mesurées, n’ont pas été retenues. Il a également contesté la portée réelle de certaines annonces récentes sur les aires marines protégées ou sur le traité sur la haute mer (BBNJ).

François Sarano est d’ailleurs intervenu ponctuellement dans le même sens, appelant à rester lucides sur la portée concrète de ces avancées. Une ligne claire s’est ainsi dégagée : faire progresser les droits de l’océan, tout en dénonçant l’écart persistant entre les discours institutionnels et la réalité des décisions internationales.

Un chantier qui ne fait que commencer

Enfin, Daniel Krupka a insisté sur un point essentiel : 2025 n’est qu’un début. Pour lui, l’un des enjeux majeurs reste de marteler, encore et encore, ce que recouvrent réellement les droits de l’océan. Car reconnaître des droits au vivant ne suffit pas : encore faut-il savoir comment ces droits s’exercent concrètement.

Il a ainsi posé la question, centrale, de la gouvernance : que change réellement l’attribution d’une personnalité juridique à un requin, à une espèce ou à un écosystème, si cette reconnaissance ne s’accompagne pas de mécanismes capables de peser dans les décisions ? C’est précisément sur ce point que le travail juridique se poursuit aujourd’hui, en lien avec les réflexions menées par Marine Calmet, afin de voir comment formuler ces demandes, avec quels leviers, et dans quels cadres de décision.

Daniel Krupka a rappelé que des formes de gouvernance intéressantes commencent déjà à émerger dans d’autres pays, dans des contextes proches des structures occidentales. Autant de pistes qui montrent que le sujet avance, même s’il demeure complexe. L’association entend donc poursuivre ce travail de pédagogie, de conviction et de construction, avec des ressources renforcées et de nouveaux chantiers déjà en préparation.

La voix des cachalots : science, protection et connaissance du vivant

François et Véronique Sarano sont revenus sur la force du programme Cachalots, qui articule depuis plusieurs années recherche scientifique, sciences participatives et actions concrètes de protection. En 2025, Longitude 181 a notamment porté plusieurs demandes pour mieux protéger les cachalots de Méditerranée, en particulier autour de la réduction de la vitesse des navires, afin de limiter à la fois les collisions, l’une des premières causes de mortalité et de mutilation, et les nuisances sonores qui perturbent leur communication et leurs comportements de chasse.

Cachalot Aigle Noir WhaleWay 6
AG de Longitude 181 le 29 mai 2026 - François Sarano

Ils ont également souligné la richesse du travail scientifique mené avec plusieurs partenaires, à l’île Maurice comme en Méditerranée. Grâce aux données recueillies au fil des missions, au travail patient des chercheurs, des doctorants et des étudiants, ainsi qu’à l’appui de la science participative, de nouvelles avancées se dessinent sur la communication, les déplacements et l’organisation sociale des cachalots.

François et Véronique Sarano ont en particulier insisté sur l’intérêt des observations menées en Méditerranée qui permettent d’approfondir la connaissance de groupes encore peu étudiés, notamment les mâles. Les suivis réalisés ouvrent des pistes très prometteuses sur leurs relations sociales, leurs déplacements et leurs modes de coopération. Autant d’éléments qui enrichissent la connaissance scientifique tout en venant appuyer, de façon très concrète, les demandes de protection portées par l’association.

Un travail de fond, exigeant et patient, qui éclaire avec toujours plus de précision la vie de ces animaux et renforce la légitimité des mesures défendues par Longitude 181.

AG de Longitude 181 le 29 mai 2026 - Véronique Sarano

2026 : poursuivre, approfondir, transmettre

Dans le prolongement de ces engagements, Daniel Krupka a présenté les perspectives 2026 du programme Droits de l’océan, dans la continuité d’une année 2025 particulièrement forte. Plusieurs actions sont déjà engagées dans le sillage du procès simulé et des mobilisations récentes, même si certaines ne peuvent pas encore être rendues publiques.

Parmi les grands axes annoncés figurent la poursuite des actions juridiques en Méditerranée, un plaidoyer sur la réduction de la vitesse des navires en lien avec la pollution sonore, ainsi que le soutien à de nouveaux combats collectifs. Il a aussi insisté sur l’importance de poursuivre le travail de communication, de publication et de sensibilisation.

Un même cap se dessine à travers ces différents chantiers : faire avancer, avec constance et détermination, la défense de l’océan.

Rejoindre Longitude 181

Cette assemblée générale l’a rappelé avec force : Longitude 181 vit grâce à l’engagement de celles et ceux qui la portent, ponctuellement ou dans la durée. Derrière chaque programme, chaque action de terrain, chaque prise de parole, il y a un collectif vivant, engagé, attentif, qui fait avancer les choses avec exigence et générosité.

Si vous vous reconnaissez dans ces combats, dans ces valeurs et dans cette manière d’agir, vous pouvez vous aussi rejoindre l’association. Adhérer à Longitude 181, c’est soutenir concrètement des actions de sensibilisation, de plaidoyer, de recherche et de protection du vivant marin. C’est aussi prendre part, à votre mesure, à une aventure collective profondément humaine.

Pour continuer à faire vivre ses programmes, renforcer ses actions et porter toujours plus loin la voix de l’océan, Longitude 181 a besoin de nouvelles énergies.

En lire plus