Relier , Agir ou disparaître
Le propre d’une catastrophe réside dans le paradoxe de sa lenteur et de sa brutalité. On regarde en arrière et on se demande pourquoi on n’a pas réagi avant, quand on avait tout le temps. On se dit : comment ai-je pu être si confiant ? Mais il est trop tard.*
Tant de sujets, tant d’événements sont aujourd’hui des prémices ou des passages brutaux à un nouveau monde inattendu, inconcevable mais bien réel qui nous engloutit à petit feu. Un engagement individuel et collectif est la seule réponse qu’ une machine à remonter le temps pourrait nous donner. Qu’attendons-nous?
* la carte postale Anne Berest chapitre 19.
Ah, la crise !
Mais laquelle ? Écologique, économique, sociale, internationale… ? À force de découper les sujets en tranches, et de les rapporter à diverses administrations publiques ou privées, on se perd. Ne serait-on pas victime de notre pensée, de notre façon d’appréhender et d’interpréter notre monde ?
Dérèglement climatique, CO2, course technique, disparition du vivant, sécheresses, fonte des glaciers, perte de démocratie, faim, xénophobies, racismes, capitalisme financier, énergie, transitions, nationalismes, inégalités, emballements techniques, arme atomique et crises démocratiques etc.
Il ne s’agit pas de sujets séparés. Il s’agit de tout cela à la fois .
Nous sommes capables de créer, mesurer, modéliser, mettre en équations, organiser, produire, extraire, vendre, optimiser, mais incapables de saisir les interdépendances, les effets en cascade, les rétroactions et les corrélations.
Incapables d’habiter la planète bleue. Pourtant nous sommes sur une planète commune avec un destin commun comprenant une interdépendance du vivant et un ensemble de périls auxquels nous devrons (ou pas) faire face.
Et nous ne sommes pas égaux devant les fléaux créés : certains ont beaucoup abusé ; d’autres paient l’addition…
Savoir, connaître, comprendre, agir ou disparaître
Pourtant nous savons et savions : les piles de rapport , depuis Meadows (72) aux rapports par centaines de toute nature alertant nos politiques qui ne les lisent pas (!) : IPBES :GIEC/UICN/ …..
Avec des choix : sobriété heureuse ou progrès systémique, respect du vivant ou course financière, science ou opinion politique, maintien à tout prix ou rupture,…
…qui conditionnent la suite, notre futur :
- La catastrophe, la peur, ou la pensée réfléchie, l’action et le désir.
- La planète bleue comme un tout pour l’ensemble du vivant, ou un égoïste chez-soi .
La crise écologique semble sans solutions : les sols, les nappes d’eau, l’atmosphère, les glaciers, l’océan, les terres, les forêts, le vivant, les humains, tous concernés. Tous liés.
Être sensibilisé est insuffisant.
Il nous faut agir comme si nous avions véritablement compris le lien, la relation. Habiter le monde en réformant notre façon de penser , en ouvrant aux « impossibles ! », aux « compliqués ! », aux « très chers ! » des portes, des regards différents, des pensées qui englobent la réalité interdépendante d’aujourd’hui.
En apprenant, en transmettant, en agissant, en quittant son confort, en partageant.
Une métamorphose !
Celle qu’appelait Edgar Morin : « L’aventure est inconnue, mais il faut penser à ouvrir une voie. Dans tous les domaines, dans tous les sens, il y a mille initiatives qui ne se connaissent pas mais qui sont toutes porteuses d’avenir. »
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