Usine à saumons : les Droits de l’Océan et de la Biodiversité bafoués !
La consultation publique sur le projet d’usines à saumons de Pure Salmon à Verdon sur Mer est sans appel : 98% d’opinions défavorables. Le Conseil Scientifique de l’Estuaire et la Commission Locale de l’Eau ont émis de fortes réserves en raison des nombreuses incertitudes et des risques, notamment en s’appuyant sur les exemples déjà mis en place ailleurs. 90% des sites norvégiens enfreignent les normes environnementales et 141 millions de saumons sont morts en 2022 dans des élevages terrestres à cause de dysfonctionnements. Et la commission d’enquête donne un avis favorable !
Les 27 ONG dont Longitude 181, Seastemik, Ligue des Droits de l’Homme, Sea Shepherd France,… demandent un moratoire immédiat de 10 ans sur les usines terrestres à saumons en France.
Une aberration industrielle et démocratique
Le projet de méga-usine à saumons porté par Pure Salmon en Gironde cristallise de nombreuses critiques, tant sur le plan écologique que démocratique.
Plus de 20 000 contributions lors de l’enquête publique (participation record) ont révélées 98% d’opinions défavorables. Malgré cela, la commission d’enquête a rendu un avis favorable, suscitant une vive incompréhension parmi les associations et les citoyens.
Ce décalage entre participation citoyenne et décision de la commission d’enquête est dénoncé comme un « déni de démocratie » par les opposants.
Au-delà de la méthode, c’est la nature même du projet qui interroge : une ferme-usine capable de produire 10 000 tonnes de saumons par an, dans un système industriel intensif hors-sol. Ce modèle est en opposition totale avec les dynamiques locales, notamment celles liées à la pêche artisanale et au tourisme.
Longitude 181 avec une coalition de 27 ONG dénoncent une « industrialisation du vivant » déconnectée des réalités écologiques et territoriales. L’implantation dans une zone naturelle sensible, à proximité de sites protégés comme Natura 2000, renforce encore les inquiétudes.
Enfin, les promesses économiques (250 emplois) sont jugées peu convaincantes face aux risques potentiels pour des milliers d’emplois liés à l’économie locale. Ainsi, cette usine apparaît comme une aberration industrielle, imposée malgré une opposition massive et des réserves scientifiques importantes.
Une aberration écologique : épuisement des ressources et impacts globaux
L’un des aspects les plus alarmants du projet concerne son impact écologique, notamment en termes de consommation de ressources. L’usine prévoit de pomper quotidiennement 6 500 m³ d’eau, soit l’équivalent de plusieurs piscines olympiques, dans une nappe souterraine fragile.
Ce prélèvement massif fait craindre une dégradation des ressources en eau potable de la région, déjà sous pression. Les risques de pollution par des rejets d’azote ou de phosphore en cas de dysfonctionnement menacent directement la faune locale.
Par ailleurs, les systèmes d’aquaculture en circuit fermé, présentés comme innovants, sont loin d’être fiables. Des incidents récents à l’étranger ont entraîné des mortalités massives de poissons, révélant la fragilité de ces dispositifs.
Sur le plan énergétique, ce type d’élevage est extrêmement gourmand : jusqu’à 100 GWh par an, soit la consommation de dizaines de milliers de personnes.
Mais l’impact ne s’arrête pas là : l’élevage de saumons repose sur la capture massive de poissons sauvages pour leur alimentation, aggravant la surpêche mondiale et privant toute la population côtière, notamment africaine, dépendant de cette ressource. Jusqu’à 440 poissons sauvages peuvent être nécessaires pour produire un seul saumon d’élevage.
Ainsi, loin d’être une solution durable, cette usine participe à l’épuisement des ressources en eau, en énergie et en biodiversité marine, tout en aggravant les déséquilibres alimentaires à l’échelle mondiale.
Un projet en complète contradiction avec les recommandations de l’UICN
Le projet de ferme-usine à saumons apparaît en totale contradiction avec les recommandations portées par le Comité français de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Celui-ci défend une approche dite « Une seule santé » (One Health), qui souligne l’interdépendance entre santé humaine, animale et environnementale.
Selon l’UICN, la dégradation des écosystèmes, la pollution et l’artificialisation des milieux sont directement liées aux crises sanitaires actuelles. Ignorer ces liens revient à fragiliser durablement les sociétés humaines.
Or, le projet Pure Salmon repose précisément sur une artificialisation extrême du vivant, avec un élevage intensif déconnecté des écosystèmes naturels. Il va à l’encontre des principes de préservation de la biodiversité et de gestion durable des ressources.
L’UICN appelle notamment à faire de la protection des écosystèmes un pilier des politiques publiques, ainsi qu’à réduire les pressions exercées sur la faune et les milieux naturels.
De plus, l’organisation recommande une gouvernance intégrée et cohérente, prenant en compte les avis scientifiques et les enjeux environnementaux. Or, dans ce cas précis, les avis scientifiques défavorables sont largement ignorés.
Ce projet illustre une vision dépassée, centrée sur la production intensive et la rentabilité économique, en contradiction avec les transformations profondes préconisées par l’UICN.
Ainsi, cette usine symbolise un modèle de développement incompatible avec les impératifs scientifiques, écologiques et juridiques actuels, appelant à une réorientation urgente des politiques publiques.
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