Requins et les raies, pourquoi les préserver ?

Sommaire

Pourquoi préserver les requins et les raies ?
Les menaces qui pèsent sur les requins et raies
Quelques chiffres

Page en cours de refonte !

Requins et raies, des animaux vulnérables

protection requins

Un requin gris Raiatea en Polynésie

Ce sont les plus fragiles :

  • Les requins ont une durée de vie longue (10 à 80 ans selon les espèces), une maturité sexuelle tardive (ils se reproduisent vers 4 à 10 ans) et une faible fécondité (quelques petits à 30 par portée, et tous les 1 à 3 ans).
  • Ces caractéristiques font que le renouvellement de leurs populations est très lent et que leur adaptabilité aux changements du milieu est très faible.

Ce sont les meilleurs indicateurs de l’état de santé des écosystèmes :

  • Leur grande longévité et leur fragilité font des requins les meilleurs témoins de la bonne santé des écosystèmes : si les grands (vieux) individus sont présents, c’est que l’écosystème se porte bien.
  • L’absence des grands requins, en revanche, montre sans conteste que l’écosystème est gravement perturbé

Ce sont des « Espèces Remparts » :

  • Leur survie nécessite la préservation de l’ensemble de l’écosystème dont ils dépendent.
  • Leur sauvegarde garantit donc la protection de toutes les autres espèces.

 

Depuis la création de la “charte internationale du plongeur responsable” en 2002, Longitude 181 s’est engagée à mettre en place un programme de préservation des requins et des raies, dont les grands principes sont repris dans la : 

Charte internationale du plongeur responsable

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Les menaces qui pèsent sur les requins et les raies

Leur consommation excessive pousse à une surpêche qui a conduit par exemple au déclin total de l’aiguillat commun et du requin taupe. Elle met en danger toutes les autres espèces, dont la plupart font l’objet de tellement peu d’observations qu’il est impossible de quantifier les populations restantes, et donc d’envisager des politiques de préservation efficaces. 

Peu de lois protègent les requins en Europe, en France et encore moins en Méditerranée. La plupart ne sont pas respectées par les pêcheurs qui les ignorent ou qui les contournent. De nombreux gouvernements ne les font pas appliquer. La réglementation très complexe est toujours en retard d’une guerre et les mesures prises n’évitent pas de fait l’effondrement des populations. 

Depuis les années 1990, l’explosion de la pêche des requins dans le monde entier a mis en danger la survie de la plupart des 530 espèces. Quelles sont ces pêches ?

  • La pêche ciblée pour les ailerons, branchies ou autres parties du corps = principale menace

    Les requins sont souvent pêchés uniquement pour les nageoires à des fins gastronomiques : le corps mutilé du poisson vivant est rejeté à la mer ! Il ne s’agit donc pas d’une pêche pour nourrir des populations, mais d’un trafic basé sur un caprice de gourmet, qui rapporte d’énormes profits, sans souci du lendemain.

    Leurs squelettes cartilagineux sont également utilisés pour des produits bien futiles qui ne justifient pas leur pêche : huile du foie riche en squalène pour fabriquer crèmes hydratantes ou adjuvants pour les vaccins, cartilage censé être anti-cancéreux ou antiasthmatique, peau pour la maroquinerie de luxe, dents pour les bijoux… 

  • la capture accidentelle par des engins qui recherchent d’autres espèces :

    chalutier

 

Les prises accessoires sont devenus un fléau pour nombre d’espèces de requins. Les techniques de pêche professionnelles non sélectives (filet, palangre, senne tournante, chalut de fond…) dédiées au thon ou à l’espadon piègent nombre d’animaux non ciblés, comme les dauphins, les requins ou les raies. Ils sont alors considérés comme « captures accessoires » et ne sont donc souvent pas comptabilisés. Cette menace indirecte, souvent peu connue du public, représente un nombre d’animaux difficile à estimer mais certainement considérable. Ces grands prédateurs sont aussi capturés accidentellement par la pêche de loisir.

 

PECHE NON SELECTIVE

 

 

senne tournante

Une senne tournante en action

 

 

 

 

 

 

 

 

Quels sont les engins de pêche incriminés ?

  • longlines et sennes tournantes qui recherchent les grands poissons pélagiques (thons et espadons) :
  • chalut de fond et palangre de fond : des engins très peu sélectifs :
  • les grands filets maillants dérivants, pourtant interdits au niveau mondial, qui capturent tout ce qui vit près de la surface, requins compris (dauphins, tortues,…).

 

  • L’élimination pour les besoins de certaines activités aquatiques :resized

Le développement des activités balnéaires a multiplié les chances de rencontres avec les requins. Dans certaines régions (sud de l’Australie, ouest de la Réunion ou Afrique du sud, plus récemment en Nouvelle Calédonie) l’homme revendique le droit de pratiquer ses loisirs, notamment le surf, où il veut et quand il veut, sans restrictions.

Résultat, la pêche aux requins par ligne appâtée et l’utilisation des filets anti-requins tendus en travers des baies occasionnent d’inutiles et stupides massacres, et des prises accessoires encore bien plus nombreuses !

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Quelques chiffres :

  • 800 000 tonnes de requins sont officiellement pêchées chaque année dans le monde, selon la FAO1.
  • Mais, compte tenu des captures non déclarées, la quantité réelle serait de 1,6 million de tonnes, peut-être plus.
  • Toutes les populations de requins sont touchées dans le monde. Certaines sont décimées à plus de 90 %, notamment en Méditerranée.
  • La France consomme tant de requins qu’elle doit en importer 4000 tonnes/an en plus de sa propre pêche !
  • Les populations de la plupart des grandes espèces de raies ont été décimées à 90 %
  • Les pays qui pêchent le plus de requins sont : l’Indonésie, l’Espagne, l’Inde, les USA et Taïwan. Viennent ensuite, en Europe, la France et le Portugal.

 

requins pêchés

Requins mako débarqués sur le pont d’un navire de pêche

pêche raies guitare

Des raies guitare, pêchées pour leurs branchies

 

Un comble, un animal vivant étant 2000 fois plus générateur de richesse qu’un animal mort !

100 millions USD : le chiffre d’affaire estimé généré par le tourisme mondial lié aux raies Manta et Mobula, et 11 millions USD, le chiffre d’affaire global estimé généré par le commerce des branchies.

1 million USD: Le chiffre d’affaire estimé, généré par une seule raie Manta VIVANTE, pendant sa durée de vie, et 40 – 500 USD, la valeur marchande dans les pêcheries d’une raie Manta MORTE.

Guy Stevens Manta Trust

requins bouledogue au Mexique

Un des requins bouledogues que les plongeurs viennent admirer à Playa del Carmen, au Mexique

raies manta

Raies manta à Socorro, endroit au monde où elles prospèrent grâce au tourisme plongée local

 

 

 

Statut des requins et raies du monde d’après la Liste rouge de l’IUCN2, 2014

– 74 espèces de requins sont menacées d’extinction (Threatened)

– 67 espèces sont presque menacées (Near Threatened)

– Pour 209 espèces, les données sont dites « insuffisantes » (Data Deficient) car les scientifiques ne disposent pas d’informations suffisantes pour se prononcer : les requins pêchés en masse pour leurs ailerons échappent bien évidemment à toutes statistiques. Mais il y a tout lieu de penser que la plupart de ces espèces sont, elles aussi, en danger.

Vous pouvez lire ici le dernier rapport de l’UICN concernant les requins, raies et chimères de France métropolitaine.

FAO1 : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture

UICN2 : Union Internationale pour la Conservation de la Nature 

 


La situation des requins en Méditerranée

90% des requins de Méditerranée ont déjà disparu ! La Méditerranée est l’endroit le plus dangereux au monde pour les requins, selon le dernier bilan IUCN 2016.

requins

Un requin mako pêché dans un filet

52% des espèces de requins de Méditerranée sont menacées d’extinction

En intégrant les espèces sur lesquelles nous n’avons pas de statistiques, le pourcentage d’espèces menacées en Méditerranée s’élève à 71% !

Plus inquiétant encore : malgré les alertes des scientifiques depuis plus d’une décennie, aucun signe d’amélioration de la santé des populations de requins et raies n’a été enregistré. 

Une (seule) bonne nouvelle cependant : si les recensements des débuts des années 2000 montraient que 18 espèces étaient encore catégorisées en “données insuffisantes”, la science a progressé et a permis de statuer sur 11 nouvelles espèces, preuve que la recherche est toujours active sur le terrain, notamment grâce au travail des associations.

Les captures accidentelles sont la principale menace pour les requins de Méditerranée car contrairement à d’autres régions du monde, ils n’y sont plus pêchés pour leurs ailerons depuis 2012, date à laquelle cette pratique de pêche a été interdite par la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM).

Cependant, les filets dérivants, pourtant interdits depuis 2002, sont toujours très présents en Méditerranée. Italie, Maroc, Tunisie, Turquie… constituent une grande menace pour les espèces pélagiques telles que le grand requin blanc, le requin bleu, le pelerin…

La menace des extinctions localisées est aussi très grande, en particulier dans l’Ouest et le Centre de la mer Méditerranée, des côtes espagnoles et marocaines jusqu’à la Tunisie au Sud et la Grèce au Nord. On ne compte ainsi jamais moins de 29 espèces menacées dans la zone maritime exclusive de chaque pays méditerranéen. 

espèces cartilaginauses menacées méditerranée

Distribution du nombre d’espèces menacées par région de la Méditerranée. D’après le dernier rapport UICN 2016.

  • L’Algérie fait figure de bon élève avec le relancement du programme GREBA

Parmi les pays du Sud de la côte méditerranéenne, l’Algérie se démarque avec un ministère des pêches qui mène une politique de protection active en diffusant les programmes de sensibilisation auprès des pêcheurs, école de pêche… Animée sur place par Emir Berkane et le réseau ProBiom, la campagne de protection des requins et raies est soutenue par les professeurs Farid Hemida et Hamza Mendil, spécialistes des requins, qui sont en lien constant avec le Ministre des pêches Sidahmed Ferroukhi.

  • Israël, un exemple à suivre !

Israël est le seul pays de la côte Méditerranéenne à avoir interdit totalement la pêche au requin et sa commercialisation. Le pays se pose en modèle sur la conservation des squales, et s’est doté d’une station de recherche marine, le centre Morris Kahn, établi par l’Université de Haïfa. Parmi les projets qui y sont menés, les chercheurs du laboratoire Top Predators se concentrent sur la biologie et l’écologie de la méga-faune pélagique dans l’est de la mer Méditerranée.

  • Et la France dans tout ça ?

Longitude 181 travaille actuellement à une mise à plat de la règlementation française concernant la pêche au requin, nous partagerons ici nos prochaines informations sur le sujet. Ce qui est certain, c’est que la France ne fait pas figure de bon élève avec des règlementations complexes, difficile à faire appliquer et souvent sujettes à interprétation…

 

 

 

 

 

Les posters “Raies et Requins de Méditerranée à protéger” à télécharger en ligne ici dans différentes langues, ou ci-dessous en français :

poster requins méditerranée a protéger

Poster “Requins de Méditerranée à protéger”

poster raies web

Poster “Raies de Méditerranée à protéger”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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