Des résolutions historiques pour les droits de l’Océan

par | 15 Jan 2026 | La défense des droits de l'Océan, News

Adoptée dans le cadre de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) en octobre 2025, les résolutions 054 et 056 s’inscrivent dans un mouvement mondial visant à reconnaître les droits intrinsèques de l’océan. Elles s’alignent sur les principes du droit de la Nature, qui considère les écosystèmes comme des entités vivantes dotées de droits, indépendamment de leur utilité pour l’humanité.

Ces résolutions ont été portées par une coalition d’ONG telles que Wild Legal et Longitude 181, avec le soutien de la Ville de Paris et de plus de 53 000 signataires. Elles ont été mises en lumière lors de la troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3), tenue à Nice en juin 2025.

Mais que sont ces résolutions dans le détail et à quoi peuvent elles servir ? Réponses ci-dessous .

Résolution 054 : Rendre les droits de la Nature opérationnels

Adoptée lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN, la résolution 054 vise à « opérationnaliser les droits de la Nature » et à en évaluer la mise en œuvre dans les territoires. Elle appelle les États, collectivités et institutions à :
  • Reconnaître juridiquement la Nature comme sujet de droits, à l’instar de certains fleuves ou forêts déjà dotés de personnalité juridique (ex. : le fleuve Whanganui en Nouvelle-Zélande).
  • Mettre en place des mécanismes de suivi et d’évaluation pour mesurer l’effectivité de ces droits dans les politiques publiques.
  • Favoriser une gouvernance écosystémique, intégrant les savoirs autochtones et les principes de justice environnementale.
Cette résolution constitue une base conceptuelle et juridique pour les initiatives ultérieures, notamment celles portant sur les milieux marins.

Résolution 056 : Reconnaître l’Océan comme une entité vivante dotée de droits propres

La résolution 056, adoptée en 2025 avec le soutien d’ONG comme Wild Legal et Longitude 181, marque une étape décisive : elle « reconnaît l’Océan comme une entité vivante dotée de droits propres ». Elle affirme notamment :
  • Le droit de l’Océan à exister, prospérer et se régénérer.
  • La valeur intrinsèque des êtres marins, indépendamment de leur utilité pour l’homme.
  • La nécessité de réformer le droit international pour intégrer ces droits dans les traités, notamment dans le cadre du traité sur la haute mer qui entre en vigueur le 1er janvier 2026.
Cette résolution s’inscrit dans une dynamique de justice océanique, en réponse à la dégradation accélérée des écosystèmes marins.
Elle a été présentée lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3) à Nice, et soutenue par plus de 53 000 signataires.
Elle reprend  le livre « Justice pour l’étoile de mer » (parution mai 2025) que vous trouverez dans notre boutique, qui réclame à promouvoir une relation éthique entre humains et non-humains.

 

Les implications

La résolution 054 fournit un cadre général pour intégrer les droits de la Nature dans les systèmes juridiques.
La résolution 056 applique ce cadre à l’Océan, en le dotant de droits spécifiques, et en appelant à une gouvernance respectueuse de ses équilibres.
Ensemble, ces résolutions ouvrent la voie à une transformation profonde du droit environnemental, en passant d’une logique de gestion des ressources à une logique de respect des entités naturelles comme sujets de droit.

L’adoption de cette résolution a des implications profondes :

  • Renforcement du plaidoyer international : elle donne un socle juridique aux initiatives visant à inscrire les droits de l’Océan dans les législations nationales et internationales.
  • Influence sur les traités internationaux, telle que la mise en œuvre du traité sur la haute mer, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026, en renforçant la protection des zones marines au-delà des juridictions nationales
  • Mobilisation citoyenne et politique : elle catalyse l’engagement des collectivités locales, des ONG et des citoyens autour d’une vision éthique de la mer.
  • Nouvelles obligations pour les États : à terme, les États pourraient être tenus légalement responsables des atteintes aux droits de l’Océan, ce qui transformerait la manière dont sont gérées les ressources marines.

Une étape vers une justice océanique

Les résolutions ne créent pas encore de cadre contraignant, mais elle constituent une « boussole morale et politique » pour les décennies à venir. Elles s’inscrivent dans une dynamique plus large de reconnaissance des droits de la Nature, déjà amorcée en Équateur, en Bolivie ou en Nouvelle-Zélande.

 

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