Programme Raies


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  • Demandez la liste des espèces menacées, la liste des espèces protégées, les réglementations les concernant
  • N’harcelez pas les animaux

Pourquoi une campagne pour la protection des raies ?

Depuis plus de 10 ans, la pêche des raies Manta s’intensifie au point de mettre en péril l’espèces. Cette pêche est liée au développement du commerce des branchies, utilisés pour faire des remèdes très prisées sur le marché asiatique.
Il ne s’agit pas d’une pêche pour nourrir des populations, mais d’un trafic qui rapporte d’énormes profits, sans souci du lendemain.
Il s’attaque à toutes les espèces. A ce rythme, les raies auront pratiquement disparu des océans dans quelques années.… Car la pêche prélève les raies de toutes tailles (adultes et jeunes). Elle ne laisse donc pas aux jeunes individus le temps de se reproduire pour assurer la survie des populations. D’autant plus que les raies se reproduisent lentement, comme les baleines.
Les raies et particulièrement les raies Manta sont donc des animaux particulièrement vulnérables à une forte pêche.
En 2013, en accord avec la Charte Internationale du Plongeur Responsable , et en association avec le « Manta ray of Hope » project, Longitude 181 Nature a décidé de lancer une campagne contre le commerce des branchies de Raies Manta.
Ensemble, nous voulons montrer que la protection des raies accompagnée d’un éco-tourisme raisonné, est non seulement une nécessité éthique et écologique, mais qu’elle peut être une alternative économique à la pêche.

En chiffre

100 millions USD Le chiffre d’affaire estimé généré par le tourisme mondial lié aux raies Manta et Mobula
11 millions USD Le chiffre d’affaire global estimé généré par le commerce des branchies
1 million USD Le chiffre d’affaire estimé, généré par une seule raie Manta VIVANTE, pendant sa durée de vie
40 – 500 USD La valeur marchande dans les pêcheries d’une raie Manta MORTE
94 000 & 3 400 Le nombre de prises ramenées à terre de Manta et Mobula (respectivement) dans les centres de pêche recensés
600 Le nombre de Manta birostris observées dans le plus grand site de rassemblement connu
16 Le nombre maximal de petits mis bas par une Manta durant sa vie
14 Le nombre maximum de petits par portée pour le grand requin blanc
Zéro Les lieux où les raies Manta ou Mobula sont pêchés de manière durable

 

Recommandations essentielles

Moratoires commerciaux

  • Compte tenu de la difficulté à réglementer la pêche et le manque de ressources dans la plupart des états concernés, la seule mesure qui permettrait de réduire la pression sur les mobulidés serait un moratoire immédiat sur l’importation et la vente de branchies. Avec la majeure partie du commerce centré à Guangzhou, la Chine pourrait tenir le rôle de leader mondial dans la protection de ces espèces, avec un impact économique minimal (11 millions USD par an), en adoptant un moratoire sur la possession, la vente et l’importation des branchies de Manta et de Mobula. D’autres gouvernements qui envisagent une législation pour protéger les requins, y compris l’interdiction du commerce des ailerons, devraient inclure les raies Manta et Mobula dans leurs projets de lois. L’introduction des ces dispositions devrait empêcher le commerce des branchies de s’étendre à de nouvelles régions du monde.

Sensibilisation des consommateurs

  • Pour soutenir un moratoire, des campagnes visant les consommateurs devraient informer sur l’absence totale de fondement des allégations sur les vertus médicinales des branchies, sur l’extrême vulnérabilité de ces animaux, et sur l’intérêt commercial à long terme de conserver ces animaux en vie.

Protection internationale

  • En raison de l’étendue géographique des territoires occupés par les mobulidés, des mesures internationales pour contenir le commerce, la pêche et les prises secondaires, sont essentielles pour une réelle protection des raies Manta et Mobula. Les pays concernés devraient proposer d’inscrire tous les mobulidés à l’Annexe I ou à l’Annexe II de la CITES. En outre, toutes les organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP) devraient légiférer sur une politique d’interdiction de pêche et sur des mesures obligatoires de réduction des prises secondaires.

Protection dans les pays concernés

  • Bien que l’activité de certains centres de pêche soit probablement réduite par un moratoire sur le commerce des branchies en Chine, à Hong Kong et à Singapour, il faut continuer de militer pour l’application de réglementations nationales dans les pays concernés interdisant le massacre et le commerce des raies Manta et Mobula. Les initiatives de protection devraient tout d’abord se concentrer sur les centres de pêche connus les plus importants, y compris en Indonésie, au Sri Lanka, en Inde et au Pérou, mais aussi au Mozambique et dans d’autres pays africains. Les mesures de protection devraient porter en priorité sur les habitats les plus menacés, et des règlements saisonniers devraient restreindre toutes les pratiques de pêche non durables dans les zones de rassemblements connues. La récente CMS Annexes I et II pour M. birostris devraient donner un nouvel élan aux pays membres, dont vingt-quatre ont été identifiés comme des états concernés par M. birostris, pour adopter des mesures énergiques visant à protéger les raies Manta et leurs habitats principaux.

Eco-tourisme et autres alternatives économiques

  • Le développement d’alternatives économiques par les gouvernements et les ONG représenterait une avancée vitale dans les régions où les Manta et les Mobula sont chassées. (E.g. le Sri Lanka et l’Indonésie). Le potentiel pour des revenus durables sur le long terme, au travers d’un éco-tourisme responsable, pourrait inciter fortement les communautés côtières à protéger les raies Manta et Mobulas. Le développement de l’éco-tourisme devrait inclure la législation et les recommandations organisationnelles pour s’assurer qu’une fréquentation touristique non régulée (bateaux, plongeurs) n’ait pas un impact négatif sur les populations de raies.

Mise en oeuvre

  • En plus de la surveillance régulière des marchés aux poissons dans les régions clés, la stratégie de mise en oeuvre de toutes les meures de protection devrait être développée en collaboration avec les départements des pêches et les partenaires locaux pour vérifier l’efficacité des mesures et empêcher les braconniers d’exploiter les zones protégées.

Les campagnes de protection

Objectifs de la campagne du projet Manta ray of Hope auquel s’est associé Longitude 181 :

  • Augmenter la prise de conscience de la vulnérabilité des Mantas et des Mobulas
  • Rechercher la protection des espèces dans les états consommateurs et les états zones de pêche
  • Réduire la demande pour les produits dérivés
  • Etudier les pêcheries, le commerce et les habitudes de consommation
  • Etablir des comptes- rendus pour les médias et les décideurs
  • Annonces sur le Service Public, films, publications et documentaires
  • Actions ciblées vers :
  • Pays consommateurs
  • Les praticiens de la médecine chinoise traditionnelle
  • Etats zones de pêche

Jeudi 14 mars 2013, suite à unemobilisation exceptionnelle des associations environnementales, un grand pas en avant a été franchi ! Les 178 pays membres de la CITES (voir le dossier CITES sur notre site ) (Convention sur le Commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) ont confirmé l’inscription de 5 espèces de requins et des 2 espèces de raies mantas à l’Annexe II de la Convention* (voir en bas de page ). Il s’agit du requin océanique à pointe blanche (ou requin longimane), des trois requins-marteaux (halicorne, grand et lisse), du requin-taupe, ainsi que des deux raies mantas (Manta birostris et Manta alfredi).
Les pays exportateurs ont maintenant 18 mois pour mettre en place un système obligatoire de délivrance de permis d’exportation pour toutes ces espèces. Ils doivent assurer la survie de chacune d’entre elles, et s’exposeront à des sanctions dans le cas contraire

Lors des discussions, les arguments développés par la communauté des plongeurs ont été remarqués et ont rejoint ceux des autres ONG mobilisées sur cette action. Tous ensemble, nous avons réussi à convaincre les participants à cette conférence 2013.
Lors de la session précédente (en 2010), la CITES avait en effet rejeté l’inscription de toutes les espèces de squales proposées. Désormais, ces 5 requins et 2 raies mantas viennent s’ajouter aux 3 espèces déjà en Annexe II de la CITES : requin blanc, requin baleine et requin pèlerin.

Un premier pas décisif

C’est une victoire gagnée pas à pas, après 2 semaines de tractations et de remises en cause, notamment par la Chine, le Japon et le Cambodge, au prétexte de données scientifiques insuffisantes ! Parmi les pays en faveur : USA, Australie, Libéria, Mozambique, Afrique du sud, Qatar, Uruguay, Brésil et Union européenne.
Rappelons que les raies mantas sont décimées, non pas pour leurs ailerons comme les requins, mais pour leurs appendices pré-branchiaux (opercules) qui font l’objet d‘un commerce en pleine expansion vers l’Asie où elles sont recherchées par la médecine traditionnelle chinoise. En Asie du Sud-est, en Inde et en Afrique de l’Est, les raies mantas sont déjà surexploitées. Elles ont été classées « Vulnérables » à l’échelle mondiale sur la Liste Rouge des espèces menacées de l’UICN. La raie manta birostris est aussi classée à l’Annexe I de la Convention sur les Espèces Migratrices (CMS), convention qui oblige ses états membres à faire respecter des mesures de protection strictes

Notre campagne continue pour les prochaines années !

Mais attention, une inscription à l’Annexe II de la CITES ne signifie pas l’arrêt de la pêche ou du commerce international. Elle assure simplement que les mantas ne seront pas surexploitées. C’est un premier pas décisif, mais il faut poursuivre nos efforts pour obtenir l’inscription à l’Annexe I qui interdit tout commerce hormis à des fins scientifiques.
Les raies mantas rejoindraient alors la seule espèce de requin présente sur cette liste : le requin scie. C’est l’objet de la campagne en cours. Continuons ensemble, faites passez l’information !

    *Annexe II :La CITES classe les espèces en 3 groupes qu’elle appelle « Annexes » :

  • Annexe I : Concerne les espèces menacées d’extinction. Leur commerce est seulement autorisé dans le cadre de la recherche scientifique.
  • Annexe II : Concerne les espèces dont le commerce doit être réglementé pour éviter une exploitation incompatible avec leur survie. Il faut alors un permis d’exportation.

Pour en savoir plus :